Comptes rendus des évènements du week-ebd du 21 juin


COMPTE-RENDU/TEMOIGNAGE DU SAMEDI/DIMANCHE 20 JUIN

Apres La Free Parade nous avons tente de rejoindre la Fete de la Musique Libre car nous estimons important de proposer une alternative à une fete de la musique qui presente une version formatee de la culture !

Les premiers sound systems qui avaient tentes de s'installer au bois de Vincennes s'etaient fait degager par la police directement et etaient parti au bois de Boulogne. Arrives sur place des policiers leur ont indiques qu'il n'avait pas le droit de faire de musique avant minuit, le 21 juin. Cela semblait donc bien parti pour l'instant !
Mais peu apres minuit, la BAC 75 et la police en tenue anti-emeute chargeaient par surprises les ravers sur ordre direct du ministere de l'interieur. Les somations furent faites... mais a un groupe d'individus a l'exterieur, qui forcement ne purent en moins de 10 secondes transmettre l'info a tout les autres !

Dans le bois, a quelques centaines de metres de la fete et peu avant l'intervention policiere, une brigade de police nous arretta et embarqua le vehicule poid lourd avec nos 18kw de sono mais egalement le chauffeur qui nous avait aide a faire une manoeuvre...
A 6h du matin nous reussimes a recuperer notre camion miraculeusement, grace a quelques officiers compatissants. A 8h du matin le procureur appelait pour demander la saisie du camion et inculpa notre chauffeur pour organisation de la rave party alors meme que nous n'etions pas sur les lieux au moment de l'arrestation ! Le camion etant parti le proc se concentra sur notre ami a qui les policiers declarerent avoir des temoins l'identifiant comme orga et autres coup de bluff tordus. Il ne ceda a aucun moment...


Un jeune sound system bien motivé avait mis une sono au bois a 6h du matin a l'endroit meme des affrontements, pour la grande joie des ravers encore presents. Ils se firent virer de la a 11h mais sans violences cette fois, les policiers ne s'attendaient pas du tout a ce qu'ils osent revenir la. A 14h ils installerent donc leur sono a Bastille, devant l'opera car nous sommes la symphonie du chaos, une veritable Rave-O-lution apres les evenements de la veille !
A 15h nous les avons rejoints avec notre sound system mais en effectifs reduits puisque certains d'entre nous participaient a la maniféstation des "commités de soutien aux inculpés de Tarnac & à ceux qui lutte", tandis que d'autres communiquaient sur les evenements de la veille ou tentaient d'organiser le soutien aux victimes.
A 20h toute la famille fut reunie de nouveau et cerise sur le gateau un troisieme sound system arrive. La place etait remplie d'un bon millier de personnes. Un raver avait inscrit "c'est la guerre !" sur la colonne de la bastille un peu plus tôt, la revanche etait sonnee en tout cas !
A minuit quelques autonomes decident de se rechauffer avec un feu de joie geant juste derriere notre son. Les brigades d'intervention prirent ce pretexte pour fondre sur la foule toute entiere et virerent les gens a coup de matraques et de gaz (familles y compris).. Demarrant juste a temps, nous avons pu echapper a l'immobilisation et avons quitte la place dans ce chaos final

Le premier sound system présent à Bastille, accompagné d'un son ami, tenteront alors de prendre la place de la Nation mais la police les en empecha.

Le lundi soir notre ami qui n'avait rien lache face a la pression policiere fut libere, ce ne fut pas le cas des autres interpele-es...


COMPTE-RENDU/TEMOIGNAGE DU DIMANCHE 21 JUIN 2009

Vers 23h, place de la Bastille. Plusieurs centaines de personnes étaient regroupés devant trois sound-systems qui faisaient danser les gens depuis le début de l'après-midi, bondés sur les trottoirs déjà bien occupés par les marchands de merguez à 5€. 
Le trottoir était certes trop étroit. Plusieurs groupes de personnes ont entrepris l'installation d'un feu maîtrisé dans une box en bois (reste d'un précédent marché certainement), alimenté par les tas de pubs et de carton de bouteilles de bières. En moins de 2 minutes, la place de la Bastille avait repris des couleurs, tout le monde dansait autour du feu, l'ambiance était bonne enfant. 

Puis les flics sont arrivés. Jets de lacrymo et tirs tendus de flashball, sans le moindre avertissement. 
Quelques insultes de la part de la foule, et, chose importante, aucun jet quelquonque pour le moment. Les renforts arrivent, par la rue de la roquette et la rue de Lyon. Charge. Un certain nombre de personnes se réfugient sur les marches de l'opéra. Les CRS encerclent, et partent au matraquage et au gazage alors qu'aucune résistance n'était affichée. Ils ont été bousillés, touristes, banlieusards, teufeurs… 
Des groupes d'un peu partout, ahuris par cette violence policière, répliquent par des lancers de canettes et de bouteilles. 
S'ensuivent une heure de harcèlement des CRS. A chaque retour de personnes sur le trottoir devant l'opéra se termine par une charge. Puis les charges se délocalisent devant l'entrée de la rue de la roquette. La BAC, chaude comme pas deux, en meute et en civil, flashball dans la poche mais aucun brassard légal, saute sur les personnes qui errent. Une fille a gueulé pendant 10 minutes, un BACqueu lui faisait une clé de bras, des CRS lui donnaient des coups de matraque et des coups de pieds à terre, pendant que leurs camarades en civil attrapaient au hasard les gens venus calmer les policiers, en les trainant à terre tout en les matraquant. Quant aux CRS, ils préféraient charger ceux qui faisaient mine de filmer la scène. Après coup, un certain nombre de tâches de sang au sol marquaient les événements.

Voilà ce que signifie les interventions suite à des atteintes aux forces de l'ordre.